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Wayland : première version stable

Une dernière mise à jour vient de toucher le serveur graphique Wayland. Ce dernier passe en version 1.0.3, qui devrait être une première version vraiment stable de ce futur remplaçant de X.Org.

Wayland, tout comme X.Org, sont des serveurs graphiques. Leur rôle principal est de gérer l’interaction homme-machine entre l’utilisateur d’un ordinateur et l’ordinateur lui-même. Ainsi, un serveur graphique gère l’affichage d’information (typiquement, les applications), faisant le lien entre les programmes et le matériel vidéo (cartes graphiques, écrans, etc.), afin de fournir à l’utilisateur un visuel des tâches de l’ordinateur. Mais il prend en charge des périphériques de saisie comme les claviers, les souris, les manettes de jeu et les écrans tactiles, permettant à l’utilisateur d’interagir avec ces programmes.

 

Exemple

 

Vous décidez d’exécuter Mozilla Firefox, Empathy et Mozilla Thunderbird dans votre ordinateur. Chacun de ces logiciels va se voir attribuer un espace dédié dans la mémoire graphique, gérée par un serveur graphique. Une fois l’espace mémoire attribué, le serveur laisse à chaque programme la possibilité de faire ce qu’il désire à l’intérieur de sa fenêtre : Firefox s’occupe de dessiner votre page d’accueil, Empathy dessine votre liste de contacts et Thunderbird, vos messages en attente d’être lus. Tous les trois indiquent au serveur graphique: « J’ai terminé ma demande. » Ce même serveur va prendre compte de cet état et les dessiner (composer) les trois ensembles sur le même écran qui est le vôtre.

De plus, le serveur graphique prend en charge des périphériques de saisie. Par exemple, vous souhaitez vous rendre sur le site Web de Ubuntuser. Vous déplacez votre souris de manière à mettre le focus sur la barre d’adresse de Firefox ; c’est le serveur graphique qui reçoit de votre souris les informations concernant son déplacement sur votre table de travail, qui calcule le déplacement en question et qui bouge le curseur en conséquence à votre écran. De plus, lorsque vous inscrivez www.ubuntuser.com dans la barre d’adresse de Firefox, c’est aussi le serveur graphique qui reçoit de votre clavier les informations concernant vos frappes des touches et qui indique donc à Firefox quels caractères vous lui envoyez.

 

En avant vers Wayland…

 

Kristian Hogsberg, créateur du projet Wayland et ancien développeur du serveur graphique X.Org, travaille à plein temps pour Intel, qui se veut l’un des premiers partisans de Wayland. L’idée d’origine est de simplifier le serveur graphique en se concentrant sur l’essentiel, à la différence de X.Org qui contient énormément de fonctionnalités, mais dont beaucoup sont peu utilisées et rendent sa maintenance lourde et fastidieuse. Après la sortie d’une version 1.0 de Wayland qui devait préfigurer une version stable, trois autres révisions mineures ont rapidement suivi pour finir le travail de stabilisation de cette version. La dernière révision, portant le numéro 1.0.3, est sortie ce 15 décembre 2012.

C’est une étape très importante. Wayland est en développement depuis 2008, et cette version permet enfin d’offrir une API stabilisée en vue d’être utilisée.

Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Une version 1.2 est en cours de développement qui devrait apporter quelques nouvelles fonctionnalités, comme la gestion de l’affichage à travers un réseau. Sa sortie est prévue courant 2013.

 

Inconvénients de Wayland

 

Comme toute création digne de ce nom, elle possède un certain nombre d’inconvénients et d’avantages. Commençons par le mauvais côté :

  • Les décorations de fenêtre sont à la charge de l’application, donc nous risquons d’en voir de toutes les couleurs, même si théoriquement, le système pourra empêcher ce type de manœuvre…
  • Le clavier ne pourra être monopolisé par une seule application sauf pour les menus déroulants ;
  • KMS doit être disponible ; seuls les noyaux de type Unix le possède pour le moment. De plus, seuls les pilotes libres de cartes graphiques sont gérés actuellement par Wayland, les constructeurs tels AMB et nVidia n’ayant pas encore développé de pilote propriétaire pour Wayland ;
  • Il faut porter toutes les applications vers ce nouveau serveur graphique. Toutefois, une cohabitation entre X.Org et Wayland sera prévue au départ.

 

Avantages de Wayland

 

Du côté des avantages, le premier — et certainement le plus important — est la simplification de la gestion de l’affichage. C’est donc principalement au niveau du développement que les avantages se feront voir en premier.

Un avantage beaucoup plus facilement constatable pour un utilisateur est qu’on devrait avoir une gestion plus cohérente de l’affichage (moins de bugs d’affichage au démarrage du système d’exploitation et à l’écran de connexion), une meilleure économie d’énergie, ainsi que peut-être moins de latence entre les actions de l’utilisateur et leur retour graphique à l’écran.

Ces améliorations seront surtout visibles au fil du temps, avec des pilotes de cartes graphiques qui s’amélioreront et s’intégreront encore mieux à Wayland, et peut-être une amélioration des capacités d’affichage (tel l’anticrénelage, par exemple).

 

Si cette première version stable ne peut pas être considérée comme une version mature pour être intégrée dans une distribution, elle marque toutefois un pas important dans le développement du projet.

 

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Lien vers le site officiel : http://wayland.freedesktop.org/

9 réflexions sur “ Wayland : première version stable ”

  1. Niveau avantage, on a que Wayland devrait à terme faciliter quand même la prise en charge du matos, notamment pour Optimus (pour cela, cf. AngeGabriel sur le forum Ubuntu-fr concernant Optimus).

  2. « KMS doit être disponible, seuls les noyaux de type Unix le possède »
    Tu ne voulais pas dire de type Linux plutôt ? Parce que sinon, je ne vois pas trop le problème…

    Savez-vous ce qu’apporte Wayland au niveau de la sécurité ? Parce qu’il me semble que l’une des critiques récurrentes qui est faite à X.org c’est d’être une vraie passoire. Je suppose qu’avoir un code propre et facile à maintenir permettra d’identifier et de corriger plus simplement les failles de sécurité, mais au-delà de ça, la sécurité du système a t-elle était particulièrement prise en compte lors de sa conception ?

  3. La sécurité de Wayland est en bonne voie. Wayland sait quelles sont les fenêtres présentes sur l’écran et est donc capable de décider quelle application reçoit les signaux d’entrées (clavier, souris, etc.) contrairement à X.Org. Cependant Wayland a encore quelques problèmes au niveau de la confidentialité et de l’intégrité. Il utilise GEM pour partager la mémoire graphique de l’application entre le composeur et les applications. Le problème étant que GEM utilise des handles qui peuvent être forcés, ce qui signifie qu’une application peut facilement avoir accès à un handle qui appartient à un autre application. Mais ce problème devrait être résolu car Wayland va bientôt se mettre à utiliser DMABUF.

  4. « Wayland sait quelles sont les fenêtres présentes sur l’écran et est donc capable de décider quelle application reçoit les signaux d’entrées (clavier, souris, etc.) contrairement à X.Org. »
    C’était la question que je me posais, vu que sur X.org on pouvait profiter de cette faiblesse pour faire des rootkits…

    Merci pour ces explications détaillées nono68200. Il me tarde plus que jamais de voir Wayland arriver dans les grandes distributions.

  5. C’est de ma faute si l’article n’est pas complet, alors si je peux aider en renseignant les gens qui posent des questions, c’est la moindre des choses !

  6. Avec le wayland 1.0.3, est-il possible de reinjecter des valeurs à un mouse device ( se basant sur uinput), vu que du coup le déplacement de la souris passait par X.org .

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